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Les crises du vin français |
Au lendemain des vendanges, j'avais pronostiqué des manifestations vigneronnes dans neuf mois. Je me suis lourdement trompé, puisque ça démarre aujourd'hui....
Crise conjoncturelle d'abord, avec la baisse du dollar, nos vins sont renchéris, et le marché américain, ou ceux qui paient en dollars, se tournent vers d'autres provenances. Paradoxalement, cela touche les meilleurs produits, ceux-là même qui ont des importateurs américaiuns.
Pour le reste, notre viticulture ne s'est toujours pas rendu compte que la guerre de quatorze était finie, et qu'il va falloir en passer sérieusement par des programmes d'arrachage massifs, pour éliminer les vignes qu'on a plantées (avec la bénédiction des autorités) sur des sols où elles d'auraient jamais dû aller, avec des clones ou des cultivars sans qualité, mais qui, miraculeusement, pouvaient prétendre à une appellation, et à une grosse cure d'amaigrissement, passant par un contrôle réel des rendements, et à une interdiction généralisée de la chaptalisation au delà d'un demi degré.
Il n'est que trop clair qu'entre deux vins à quatre euros en grande surface, savoir une aoc française produite industriellement à partir de raisins à huit degrés remontés aux douze et demie réglementaires, et un vin de table portugais ou argentin produit aussi industriellement, mais en agriculture extensive et à partir de raisins mûris sous le soleil et non pas en cave, le consommateur finira par préférer les seconds, malgré le réflexe conditionné de l'appellation contrôlée.
Pourtant, il faut craindre qu'il n'en soit de la vigne comme de l'élevage des porcins : la Bretagne est saturée de porcs et de lisier, les cours s'effondrent, mais il y a toujours des demandes d'extension ou de création de nouveaux sites.
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