| |  | Règulièrement, je reçois ma dose d'échantillons de vins du Languedoc, qui, du petit au grand, sont unis dans le grotesque : fruité bizarre, bouche mollassone, tanins grumeleux, finales asséchantes et gratteuses. Ces braves gens se sont certainement fait refiler des trucs de vinification, et je compatis, tant il vaut mieux avoir derrière soi des générations de vignerons intransigeants pour pouvoir résister aux forces du mal (voir notre article Clos Rougeard).
Heureuse surprise donc, la visite des soeurs Andrieu, du Clos Fantine à Cabrerolles (c'est du Faugères). J'ouvre la bouteille d'un tire-bouchon lassé et blasé, et là, miracle, un vin frais et spontané me saute aux narines. Pas de bois, mais un douz nez de compote de prunes qui finit en fond de verre sur le raisin bien mûr. Une bouche ronde et fraîche et pédalante comme une grenouille, courte et enlevée (comme disait Wolfgang Amadé, anniversaire oblige, un finale doit être court et bâclé). Je veux dire ici, que la longueur en bouche est le propre du cabernet sauvignon, non des grenaches et carignans, et que la longueur dans les vins du midi, hors le cas des vins oxydatifs, est le fruit d'une contrefaçon.
Bref, un vin spontané, doux et buvant, sans la moindre aggressivité ni aspérité, et pétant de fruit (le vrai, pas la caricature de vos yaourts préférés) de raisin mûr.
Ce vin ets ici vendu 11, 60 euros, et la cuvée de base, qui est aussi un simple délice, 7, 60 euros.
Bref, c'est bon, c'est goûteux, et les meilleurs vignerons du coin ont essayé de chipoter, mais ils en ont repris, rebu, et pas craché.
Au même niveau, et dans le même style de Huron des vignes, n'oubliez pas de visiter Thierry Navarre à Roquebrun, et Jean-Marie Rimbert, à Berlou.
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