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| Le Clos Rougeard sur la RVF |  | Pierre Casamayor consacre quelque pages dans le numéro de novembre au vin des frères Foucault.Il était temps....
Je pratique ces messieurs depuis le millésime 1985, et je puis certifier que chez eux il n'y a pas de mauvaises années, si bien que Les Poyeux sont en quelque sorte mon vin ordinaire - au sens de l'ordinaire de la messe - en ce qu'il ne lasse ni ne fatigue jamais. Je me souviens d'un représentant en vins de Saint-Emilion, que par une dure journée, j'avais réconforté d'un verre de Poyeux, 1993, et qui était parti spontanément en jurant qu'avec un tel breuvage, je ne risquais évidemment pas de lui commander la moindre bouteille.
Chez les Fulchérides, pas de verbiage sur le vin, pas de discours amphigourique en fonction de ce qu'est supposé attendre le client, mais une honnêteté de tous les instants dans le travail du vin, une attention patiente, et le respect sourcilleux de la vigne et du vin. Et une fois que le vin est en barriques, on n'intervient que pour ce qui est strictement nécessaire : pas question de l'ausculter tous les jours ou de coucher au pied des tonneaux, c'est désormais à lui de se prendre en charge.
Ajoutons à cela une science très poussée de la barrique et du bois, qui permet à la maison Foucault d'ajuster précisément le boisé et l'élevage au millésime. Il m'est arrivé, par exemple avec le millésime 1998, de trouver que le vin flottait un peu dans une enveloppe boisée trop grande pour lui, mais j'ai dû reconnaître, trois ans après, que tout cela avait disparu, et qu'il y avait la proportion exacte de barrique qu'il fallait pour soutenir le vin sans le masquer.
J'ajouterai enfin, qu'au vieillissement, les vins du Clos Rougeard, et spécialement les Poyeux, dévoilent toutes les vertus du cabernet franc, qui sont la profondeur, la fermeté et la légèreté.
Si nous étions à Bordeaux, je suis convaincu que le Clos Rougeard prendrait place parmi les meilleurs Saint-Emilion de côtes.
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